L’année 2024 se solde par un bilan contrasté de l’accidentalité routière en France, avec une légère hausse du taux de mortalité par rapport à l’année dernière. Cependant ce chiffre reste inférieur à 2019, l’année de référence pour la décennie 2020-2030 en matière de sécurité routière.
Selon les estimations de l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR), 3.431 personnes ont perdu la vie sur les routes en 2024, enregistrant ainsi une hausse de 0,9% par rapport à 2023. Ce chiffre reste préoccupant mais si l’on choisit de voir le verre à moitié plein, il demeure inférieur de 1,9% aux taux observés avant la pandémie.
A noter que 2019 reste une base comparative pour analyser l’évolution des tendances et l’efficacité des mesures mises en place en matière de sécurité routière durant les années 2020 à 2030.
Des écarts notables entre métropole et outre-mer
Avant d’entrer dans le détail des chiffres, la situation diffère entre la France métropolitaine et les territoires d’outre-mer. Ainsi en métropole, la mortalité routière a légèrement augmenté tandis que le nombre de blessés a diminué et que le nombre de blessés graves reste stable. En revanche, la situation est plus préoccupante outre-mer, avec une hausse marquée du nombre de décès, notamment dans les départements et régions d’outre-mer (DROM). À l’inverse, les collectivités d’outre-mer (COM) et la Nouvelle-Calédonie enregistrent une baisse encourageante du nombre d’accidents mortels.
Un bilan de sécurité routière différent selon le sexe et l’âge
En 2024, les hommes restent largement surreprésentés dans les accidents mortels, représentant 78 % de décès sur la route : 2.477 hommes contre 713 femmes. Cette surreprésentation masculine est encore plus marquée chez les jeunes de 14 à 17 ans, où 9 tués sur 10 sont des garçons. Chez les 18-24 ans, 8 victimes sur 10 sont des hommes et chez les seniors de 75 ans et plus, 6 tués sur 10 sont de sexe masculin. Les hommes sont également majoritairement responsables des accidents graves.
De manière générale, les jeunes adultes de 18 à 24 ans restent la tranche d’âge la plus à risque, tout sexe confondu. En 2024, 531 jeunes ont perdu la vie sur les routes, soit 34 décès de plus qu’en 2023. Mais, bonne nouvelle, on observe une baisse du côté des 14 – 17 ans, avec 92 décès en 2024, soit 24 de moins que l’année précédente.
Quels types de route et de transport sont les plus accidentogènes
Sans surprise, les routes hors agglomération demeurent les plus meurtrières. Elles concentrent 60 % des décès et 48 % des blessés graves en 2024. Ce chiffre représente une hausse de 3 % par rapport à 2023. En agglomération, le nombre de décès est resté stable avec 1.020 tués sur la route. Une bonne nouvelle toutefois : sur les autoroutes, une diminution de 10 % a été observée, avec 242 décès en 2024.
Par ailleurs, on s’aperçoit que certains modes de transport restent particulièrement vulnérables. En effet, le nombre de cyclistes et d’utilisateurs de trottinettes blessés graves, ou tués, continue d’augmenter. Au même titre que les conducteurs de deux-roues motorisés enregistrent une hausse des décès. A l’inverse, les occupants de voitures sont moins nombreux parmi les victimes, signe que les équipements de sécurité des véhicules et les campagnes de prévention fonctionnent.